Le Mans, mon vrai début de saison !

Le Mans, mon vrai début de saison !

Enfin de retour en course ! Presqu’à la maison en plus. J’avais hâte que ce jour arrive. J’ai pris un plaisir fou à retrouver mes concurrents, à chasser le chrono.

Après l’accident de Carole et la blessure au pouce, il a fallu patienter le temps que  l’os se ressoude. Je vous l’ai déjà raconté. Les week-ends des épreuves de Croix-en-Ternois et Pau-Arnos furent pénibles. Mes camarades limaient le bitume, se faisaient plaisir, marquaient des points au championnat tandis que je restais chez moi, privé de pilotage, dans l’attente. Car quand tu aimes rouler, tu reprends à ton compte la phrase de Steve McQueen dans le film Le Mans : « la course c’est la vie, avant et après, il n’y a que l’attente ».
L’attente, en ce qui me concerne, a duré deux mois et demi. Avec tout de même une période enthousiasmante, mes journées d’essais à Alès. Ce fut une grande joie de retrouver ma Yamaha R6 que j‘avais remise en état dès l’usage de mes deux mains retrouvé. Je fais corps avec cette moto. J’ai confiance en elle. Les automatismes sont revenus tout de suite. Les kilomètres parcourus ont fini de me rassurer sur ma guérison. Aucune douleur ni aucune gêne n’ont perturbé mes essais. Les tests, c’est bien, surtout quand on a senti des fourmis dans la main qui actionne la poignée des gaz ! Mais rien ne vaut l’adrénaline de la compétition, la comparaison avec les autres, la volonté de se placer le plus haut possible sur la grille, de se rapprocher de plus en plus de ceux considérés  depuis longtemps comme les favoris de la catégorie.
Revenir au Mans m’a comblé. D’abord, compte tenu de mon lieu de résidence (Saint-Malo), la piste sarthoise prend un air de course à la maison. La manche la plus proche de mes bases. Pas d’interminables kilomètres en camion avant d’arriver sur le site. En outre, la proximité géographique favorise la venue des supporters, amis et membres de la famille. J‘ai reçu une aide appréciable au niveau logistique. Des gars compétents m’ont aidé à gérer les aspects mécaniques. J’ai senti une équipe autour de moi. Merci à ceux qui sont venus, sacrifiant un week-end estival pour m’aider. Je suis sensible à votre soutien. Je me réjouis que vous manifestiez votre solidarité.
Tout pilote ressent la magie du Mans. Le Bugatti est un circuit permanent. Il accueille le Grand-Prix de France, les 24 Heures du Mans moto, une grande quantité d’épreuves sur deux et quatre roues. Une partie de son tracé intègre la piste des 24 Heures du Mans auto et du Mans Classic. Nous roulons sur la trajectoire des monstres sacrés qui ont écrit la légende des sports mécaniques. Avec respect, sans complexes, déterminés à nous montrer dignes des rois de l’asphalte. Comme eux, nous accélérons à fond entre les tribunes de la ligne droite des stands et nous passons sous la passerelle Dunlop que des millions de téléspectateurs du monde entier connaissent.
Le Bugatti est un circuit où le pilote se fait plaisir. Du relief, un revêtement qui présente une bonne adhérence, des virages variés, des possibilités de dépassement. Du pur bonheur.
Compte tenu des déboires du début de la saison (chute à Lédenon et accident à Carole, un autre concurrent m’ayant percuté), Le Mans sonnait comme un vrai début de saison. J’arrivais avec un handicap sur ceux qui avaient disputé quatre courses alors que je n’avais pas pu marquer de points en 2018. Pas si grave. Les sports mécaniques offrent des joies immenses à ceux qui les méritent. Il faut surmonter des épreuves, accepter les coups durs, revenir plus fort, encore plus décidé à signer des performances. A ce niveau-là, pas de souci. Ma passion de la course me sert de carburant et je ne renoncerai jamais, quels que soient les efforts à consentir.
J’étais bien décidé à mettre toutes les chances de mon côté. J’ai profité au maximum de chaque séance d’essai et effectué un tour de piste à pied afin de repérer chaque détail, chaque particularité du revêtement. Dommage que les séances d’essai ne soient pas plus longues. Un quart d’heure, ça passe vite. Le laps de temps ne permet pas d’explorer à fond les pistes de réglage de la machine. Tous les concurrents se confrontent eu même problème, c’est certain. Mais comme je dispute ma première saison en catégorie 600 cc et que je n’ai pas parcouru autant de kilomètres que prévu en début de saison, ce fut tout de même un souci.
En qualifications, je signe le douzième temps. Je n’ai bénéficié que de deux tours clairs. Je sens une marge de progression, d’autant que le trafic m’a vraiment gêné sur des tours rapides.
La première course s’élance à 9 heures dimanche matin. J’ai géré mon sommeil. Je me suis levé à six heures. J’ai absorbé le petit déjeuner à l’heure idéale avant l’action. Je bénéficierai de l’énergie utile à mon corps sans aucun effet de digestion pervers. Le processus de concentration se passe bien. Je suis tellement heureux d’être là.
Ça y est, le départ est donné. Je suis tout de suite dans un bon rythme. J’entame une progression vers le top dix puis au sein du top dix. Je suis plus rapide que les concurrents qui me précèdent. Je remonte jusqu’à la septième place. Je me bats contre un adversaire que je sais redoutable compte tenu de son expérience et de son palmarès dans des catégories relevées. Tout va bien. Il reste moins d’un demi-tour de course. Et soudain, au Garage vert, j’accélère trop. Petit excès d’optimisme, grosses conséquences. L’arrière se dérobe. Pas beaucoup de solutions. Je soulage un peu. L’arrière reprend de l’adhérence, Le jeu de la suspension m’éjecte en vol plané. La moto me retombe dessus. Je m’en tire plutôt bien. Juste quelles contusions et peu de casse sur la moto. Dommage de ne pas franchir la ligne d’arrivée.
J’ai roulé sensiblement plus vite qu’en qualifications. Mon meilleur temps en course m’aurait propulsé parmi les tout premiers de la grille si j’avais fait aussi bien lors des essais déterminant la grille de départ. J’y arriverai, c’est une question d’expérience et elle s’enrichit au fil des kilomètres en course. Ma moto manquait un peu de motricité et tendait à survirer. Ce comportement a accéléré l’usure du pneu arrière et concouru à la faute que je reconnais avoir commise. J’ai cerné la cause du problème et je sais comment y remédier.
La seconde course du dimanche partait en fin d’après-midi. Je m’y suis aligné. J’ai malheureusement dû renoncer à la fin du premier tour à cause d’un problème causé par le choc du matin. Je recevais des giclées d’eau chaude dans le casque car le bouchon de radiateur était endommagé. Poursuivre aurait fait courir des risques à mes concurrents ainsi qu’à moi.
Malgré les aléas, je suis rentré à Saint-Malo content. Le travail commence à payer. J’ai signé de très bons chronos. Des acteurs significatifs du milieu ont remarqué ma performance et me l’ont fait savoir. Je progresse et je sais quelle direction prendre afin de poursuivre sur la bonne trajectoire. J’ai très envie de rouler à nouveau au Bugatti…
Prochaine course les 4 et 5 août. Nous roulerons sur un autre site associé à l’univers des sports mécaniques, Magny-Cours ! Je ferai tout pour signer une grosse performance.
Merci à tous mes partenaires !

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